ARC_TRIOMPHE (1947)

ARC DE TRIOMPHE (Arch of triumph), de Lewis Milestone, 

Avec Ingrid Bergman, Charles Laughton et Ruth Warrick.

En 1945 Charles Boyer se rendit au Festival international du Film, à Cannes, celui-là même qui n’avait pu avoir lieu en 1939 ; mais en tant que membre du jury. Au banquet, il présenta lui même son ami Maurice qui fut alors salué par une immense ovation à laquelle prirent part tous les acteurs, stars et vedettes du moment.

De retour, peu après, aux États-Unis, Charles Boyer reprit le chemin des studios pour y tourner, avec une nouvelle société de production, Enterprise Pictures, un film à connotation française, intitulé Arch of Triumph (Arc de triomphe), tiré d’un roman d’Erich Maria Remarque. Sa partenaire principale n’était autre qu’Ingrid Bergman.

Annoncé comme le plus grand film d’après-guerre, réalisé avec un budget sans cesse dépassé, mais atteignant finalement les cinq millions de dollars, rapportant à Charles Boyer l’un de ses meilleurs cachets d’acteur, le film resta près d’un an au montage. Il durait initialement près de quatre heures ; quand il fut diffusé, en 1948, sa projection n’était plus que de deux. 

Ce qui fit dire à notre héros : « Ramener le film à 120 minutes l’a grandement amélioré ! C’était une catastrophe qui durait qua­tre heures ; maintenant ce n’est plus qu’une demi-catastrophe… »

Il est vrai que sa trame, mélodramatique, était des plus compliquées. Un réfugié autrichien tombait, à Paris, amoureux d’une jeune désespérée. Mais faisant passer en premier sa détermination à se venger d’un tortionnaire nazi il perdait à jamais celle-ci, victime d’un nouvel amant… Fait curieux, le film reçut un assez bon accueil en France, malgré ses spécificités hollywoodiennes ; nous en voulons pour preuve ce commentaire de Cinémonde sur « Le Cou­ple numéro Un de l’écran mondial » : 

« Ce film se situe à Paris et dans un moment particulièrement dramatique. Mais Paris (dont la reconstitution est de qualité) et l’atmosphère d’angoisse due à la proximité de la guerre ne sont que toile de fond pour une histoire d’amour, un roman passionné dont la puissance et l’audace sont rarement atteints au cinéma. Les spectateurs ne sont pas près d’oublier le merveilleux couple d’amants que forment Charles Boyer et Ingrid Bergman qui ne sont plus des acteurs, mais les personnages eux-mêmes. » 

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© Guy Chassagnard 2018