CAPITAINE FRACASSE (1928)

Le film…

LE CAPITAINE FRACASSE, film d’Al­berto Ca­val­­canti,

Avec  Pierre Blanchar, Lien Deyers, Daniel Mendaille  et Marguerite Moreno.

Charles Boyer rêvait, enfant, d'être comédien. L'avènement du cinéma le fit acteur. En 1727, il fut du générique de La Ronde Infernale, un film de Luits Morat ; avec Jean Angelo et Pauline Carton. L'année suivante, il retournait dans les studios pour y jouer, aux côtés de son ami Pierre Blanchar, un dernier film muet : Le capitaine Fracasse, tiré du roman de Théophile Gautier. 

Dans ce film, signé Alberto Cavalcanti, tourné en grande partie dans les rues de Sarlat et les campagnes de Dordogne, Pierre Blanchar était le baron de Sigognac, Charles Boyer le duc de Vallombreuse, Lien Deyers Isabelle ; quant à Marguerite Moreno, elle campait le personnage de dame Léonarde.

Dans la presse cinématographique du moment sévissait la querelle des anciens (défenseurs de l’Art muet) et des modernes (partisans du nouveau Cinéma parlant). On pouvait ainsi lire dans La Cinématographie française, sous le titre Le grand avenir du film sonore : 

« Il est probable que d’ici peu de temps, les maisons d’éditions distribueront avec les copies des films les disques destinés à leur accompagnement (!).

« Un autre élément que nous apporte l’invention nouvelle jouera désormais dans l’action dramatique un rôle supérieur à la musique : le bruit.

« Bruit de la mer, des forêts, des torrents, de la tempête, bruit humain, depuis la rumeur de la foule, de la rue, des machines, jusqu’au rire de l’enfant, au murmure de la mère qui le berce… »

Rappelons pour mémoire que jusqu’aux films parlants, qu’ils fussent munis d’une bande enregistrée ou accompagnés de dis­ques, la « sonorisation » reposait uniquement sur la présence près de l’écran, d’un piano ou d’un simple gramophone. Quant aux répliques des acteurs, elles figuraient sur des vignettes insérées entre les scènes du film.

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© Guy Chassagnard 2018