LILIOM (1933)

LILIOM, film de Fritz Lang,

Avec  Florelle, Madeleine Ozeray, Pierre Alcover, Robert Arnoux et Viviane Romance.

Liliom, qui suivit en 1933 La Bataille, mit en scène auprès de Charles Boyer, Florelle, Madeleine Ozeray, Viviane Romance, Pierre Alcover et Roland Toutain. Le réalisateur n’était autre que Fritz Lang, à la renommée déjà assurée par Docteur Mabuse et Metropolis. La trame en était assez originale : un mauvais garçon, qui s’est suicidé pour se soustraire à la police, est renvoyé du purgatoire, où il purge sa peine, pour revenir sur terre y accomplir une ultime bonne action. 

Sa vie durant, Charles Boyer devait garder une grande tendresse pour son personnage de Liliom, qu’il considérait com­me l’un de ses meilleurs rôles. Jugement porté par Fritz Lang lui-même : « Liliom fut le meil­leur film de Boyer. Je l’y trouve épatant ! »

Le film achevé, Charles Boyer aurait pu apparaître dans une réalisation d’Anatole Litvak, Cette vieille canaille. Mais une offre reçue soudainement de la société Fox lui donna envie de faire un nouveau voyage aux États-Unis. Le film tourné, sans lui, avec Harry Baur, Alice Field et Pierre Blanchar, connut un succès retentissant. Ce qui lui fit, maintes fois, exprimer des regrets, toujours suivis des mêmes paroles consolatrices : « Je n’aurais pas, alors, connu Pat… »

Portrait de Charles Boyer publié alors dans Ciné-Miroir (il est signé Henriette Jeanne) : 

« D’après ses proches, Charles Boyer est le plus exquis des amis… et le plus dangereux des hommes. Dangereux car, depuis treize ans déjà qu’il fait du théâtre et du cinéma, c’est fou ce qu’il a pu faire de ravages dans les cœurs féminins ! Ce n’est pas la peine de lui demander, à lui, des éclaircissements sur ce point car, alors, son silence devient celui du tombeau… du tombeau des cœurs, naturellement ! Il a reçu des boîtes de bonbons par caisses, des cravates, des foulards, des étuis à cigarettes, de quoi monter un magasin. Il renvoie d’ailleurs le tout, avec un mot si froid qu’il découragerait Messaline elle-même.

« Il est donc sauvage ? Oui. Il n’aime que la solitude, avec ses livres et ses peintures, et de la belle musique pour tout bruit. Cet homme, qu’anime une flamme ardente et cachée, est extérieurement froid et même décourageant ; un volcan sous un glacier. Il suffit, toutefois, de gratter la glace pour trouver le feu ; l’unique grattoir efficace, c’est l’amitié. Inspirez-lui de l’amitié, il deviendra aimable, se mettra en quatre pour vous faire plaisir. »

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© Guy Chassagnard 2018