GASLIGHT (1944)

GASLIGHT (Hantise), de George Cukor.

Avec Ingrid Bergman, Angela Lansbury, Dame May Whitty et Joseph Cotten. 

1943 - Gaslight fut l’un des films les plus marquants de la vie de Char­les Boyer ; il fut également important pour la carrière de sa partenaire, Ingrid Bergman. En raison de la naissance de Michael, certes, mais aussi pour d’autres raisons. Signalons d’abord que le film faillit ne pas se faire pour une question de préséance. Le nom de l’acteur devant précéder celui de l’actrice, l’impresario de celle-ci refusa le rôle. Ingrid Bergman refusa, elle, de suivre l’avis de son impresario ; elle tenait absolument à tourner, une fois au moins, avec Charles Boyer…

Second problème : la première scène du tournage prévoyait l’arrivée de l’actrice en train, se jetant dans les bras de son amant. Ingrid Bergman a ainsi rapporté la scène dans ses mémoires (Ma Vie) : « Aucune femme saine d’esprit n’aurait refusé de se laisser embrasser par Charles Boyer, mais il fallait d’a­bord que je coure jusqu’à lui, qui était là, planté seul, au milieu du quai, sur une ridicule caisse grâce à laquelle on ne devait pas s’apercevoir qu’il avait quelques centimètres de moins que moi. Il nous aurait alors été plus facile de mourir de rire que de prendre l’air amoureux. »

Mourir de rire, l’occasion en fut donnée à toute l’équipe du film, artistique autant que technique, lorsque Charles Boyer, lors d’une prise de vue, tomba de sa caisse. Il se releva, dignement, en foudroyant tout son entourage du regard…

Dirigé par George Cukor, et offrant à notre acteur un rôle de composition particulièrement dramatique, Gaslight contait l’entreprise diabolique d’un homme cherchant à mener sa jeune femme à la folie. Figurèrent au générique Joseph Cotten et Dame May Whit­ty. Gaslight fut, comme prévu, un film à très grand succès qui valut à Ingrid Bergman son premier Oscar d’actrice. Charles Boyer, sélectionné pour l’Oscar du meilleur acteur, se vit préférer Bing Crosby.

 

© Guy Chassagnard 2018