MADAME DE (1953)

MADAME DE… (The Diamond Earrings), film de Max Ophuls,

Avec Danielle Darrieux, Vittorio de Sica et Jean Debucourt.

L’année 1953 fut marquée par un nouveau retour de Charles Boyer sur la scène de Broadway. Avec un rôle dans une pièce de Norman Krasna intitulée Kind Sir ; sa partenaire étant Mary Martin. Kind Sir ne fut pas un four au sens littéral du terme. Ce ne fut pas non plus un grand succès. Le nom de Charles Boyer resta, toutefois, plusieurs mois à l’affiche. 

Le temps, pour lui, de se préparer à figurer sur celle, plus flamboyante, de Madame de…, film tourné en France, sous la direction de Max Ophuls.

Trois acteurs de renom se disputèrent la vedette de ce film contant, d’après un roman de Louise de Vilmorin, les mésaventures d’une paire de boucles d’oreilles vendues par l’épouse frivole (Danielle Darrieux) d’un vieux général (Charles Boyer) ; ces dernières aboutissant entre les mains d’un baron italien (Vittorio de Sica), amoureux de la générale. Selon certains cinéphiles, Madame de… fut le meil­leur des films tournés par Charles Boyer ; son couronnement d’acteur international, en quelque sorte. 

Jusqu’à sa mort, celui-ci devait d’ailleurs toujours éprouver une grande tendresse pour « son » rôle de général. Lu à ce propos dans L’Avant-Scène Cinéma, sous la plume de Vincent Amiel : « Madame de… fournit, en particulier, l’exemple-limite d’un film dont la matière même est le mouvement. Cinéma pur, jeu d’évolutions, enchaînement des gestes : l’essence de ces images est aussi leur objet, mouvement du cadre et dans le cadre, capable de tout exprimer. 

« La seule fluidité est apte à tout saisir, donner à voir jusqu’aux plus infimes frémissements, rassembler dans le même mouvement la vérité, le mensonge, la douleur et la légèreté, la passion intérieure et le brio mondain… Madame de… est l’illustration parfaite de la finesse et de la profusion du baroque… »

Nana fut tourné en 1954, sous la direction de Christian-Jaque, avec Martine Carol, Jean Debucourt et Noël Roquevert. Il s’agissait d’un remake d’un chef d’œuvre du muet, réalisé par Jean Renoir d’après un roman d’Honoré de Balzac. Le résultat du tournage fut un film honorable qui remporta un bon succès d’estime en raison de ses acteurs principaux ; et une présentation officielle au XVIe Festival de Venise. Entre-temps, la famille Boyer s’était adonnée à ce qui devait être, désormais, l’une de ses activités réguliè­res favorites : les voyages ; voyages aux États-Unis, en France, en Angleterre, en Italie et en d’au­tres lieux encore avec, pendant les vacances scolai­res, la participation du jeune Michael.

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© Guy Chassagnard 2018