TOMORROW (1939)

WHEN TOMORROW COMES (Veillée d'amour), de John M. Stahl.

Avec Irène Dunne, Barbara O'Neil et Onslow Stevens.

1939 - Ce devait être la meilleure année du cinéma américain, avant que d’être celle de la seconde guerre mondiale. Furent alors produits des films tels que Wurthering Heights (Les hauts de Hurlevent), Stagecoach (La chevauchée fantastique), Gone with the Wind (Autant en emporte le vent), Only Angels have Wings (Seuls les anges ont des ailes), pour ne citer que ceux-là.

Charles Boyer apporta sa contribution grâce à Love Affair (Elle et lui) et à When tomorrow comes (Veillée d’amour)o; le premier film étant réalisé par Léo McCarey, avec Irène Dunne, Astrid Allwyn et Maria Ous­­penskaya, le second par John M. Stahl, avec Irè­ne Dunne, Barbara O’Neil et Nydia Westman. Dans Love Affair, Charles Boyer était un célibataire endurci succombant aux charmes d’une ancienne chanteuse de cabaret. Dans When tomorrow comes, il se trans­- formait en pianiste célèbre amoureux d’une jeune serveuse. Deux rôles d’amant qui, venant après une kyrielle de rôles romanesques et romantiques, devaient asseoir définitivement sa vocation de Lover aux « yeux de velours »

A noter que pen­dant près de vingt ans Charles Boyer cita Love Affair comme son film préféré. Anecdote à rapporter à propos de ce film : issu du théâtre, Charles Boyer aimait apprendre ses textes, et les répéter, avant les prises de vues. Or pour le tournage, le réalisateur imposa d’improviser au fil des scènes. Ce qui déplut fortement à notre acteur qui, finalement pris au jeu, transforma totalement, de sa propre initiative, son propre personnage.

Quand Charles Boyer et Pat Paterson prirent, début août, l’avion pour New York, puis le bateau à destination du Havre, ils disposaient d’un emploi du temps particulièrement chargé. Notre acteur devait entreprendre, à Nice, le tournage du Corsaire, avec Marc Allégret. Assister au premier festival du film à Cannes. Reprendre Mélo, la pièce d’Henry Bernstein, qu’il avait créée en 1929. Se rendre encore dans sa ville natale de Figeac. Regagner enfin Hollywood, dès novembre, pour le tournage de All this and Heaven too (L’étrangère), avec Anatole Litvak. C’était, toutefois, ne pas compter sur les projets expansionnistes du chancelier Hitler. 

Lu dans Le petit Parisien, daté du mardi 8 août, cette dépêche du Havre : « Ciel brouillé, triste temps pour un retour du Normandie. Mais en dépit du ciel et de sa grisaille, le paquebot amiral vient d’effectuer sa plus belle traversée de l’année. A bord, tandis que les trois grosses cheminées rouges et noires s’avancent vers l’entrée du port, le capitaine Henry nous déclare : “Nous venons de battre le record des passagers avec le chiffre de 1.386”. » 

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© Guy Chassagnard 2018