CONQUEST (1937)

MARIE WALEWSKA (CONQUEST), de Clarence Brown.

Avec Greta Garbo, Reginald Owen, Maria Ouspenskaya et Alan Marshal.

L’année 1937 fut l'une des grandes années Boyer. Au printemps fut projeté History is made at Night. En été parut la version américaine de Mayerling qui remporta le plus grand succès des films étran­gers de la décennie. En automne sortit Con­quest (Marie Walewska), de Clarence Brown, et en hiver Tovarich, réalisé par Anatole Litvak.

Raconter les amours de Napoléon Ier et de la comtesse polonaise Marie Walewska était resté longtemps un projet irrésolu pour les producteurs de la Metro-Goldwyn-Mayer. Si le personnage de la comtesse revenait de droit à Greta Garbo, il ne s’était trouvé aucun acteur susceptible d’être l’empereur. Du moins jus­qu’à l’apparition de Charles Boyer, tout auréolé de ses récents succès.

L’acteur hésita longtemps avant d’accepter le rôle qui lui était proposé ; il craignait en effet d’être critiqué, voire rejeté par le public français. Puis il se décida, apportant au rôle une grande présence réaliste. Ce qui devait lui valoir de figurer dans la sélection des Academy Awards 1937. Ce fut Spencer Tracy qui remporta l’Oscar pour son Captain Courageous. 

Conquest n’en con­nut par moins un succès retentissant, tant en France qu’aux États-Unis. Pour la version destinée au marché français ce fut à notre acteur que revint l’honneur d’assurer son propre doublage, lors d’une visite éclair à Paris. Commentaire de la presse parisienne : « Marie Walewska n’est pas trop hollywoodien d’atmosphère, car cette fois non seulement notre cher Charles Boyer a un rôle qui l’a passionné, mais son accent même l’aide à désaméricaniser son empereur. Au physique, sa composition est d’ailleurs intéressante. Il ressemble un peu au portrait de Napoléon, par David, sombre et bedonnant légèrement. Il a le ton bref et l’œil prompt, il est volontaire, autoritaire, et ne laisse pas le sentiment modifier ses desseins militaires et dynastiques. »

De sa partenaire de Mayerling, Charles Boyer devait direo: « Tourner avec Garbo a été pour moi un plaisir et un enseignement. Le cinéma ne retrouvera peut-être pas une artiste plus spécifiquement douée pour l’écran… »

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© Guy Chassagnard 2018